Histoire

Les armoiries

« D’or au miroir d’argent bordé de gueules sur trois rochers de sinople »

Ces armoiries ont été reprises des anciennes armoiries des nobles de Murival (Muriaux) et adoptées en assemblée communale du 02 février 1046.

Cette version est empruntée à l’Armorial de Stettler, en la brisant de trois rochers « les tras Reutches de Muriâ », ceci pour éviter une confusion avec les armoiries du chef-lieu (Saignelégier) et du district (Franches-Montagnes).

Le Spiegelberg

Pourquoi ne pas faire une petite escapade aux Rochers des Sommêtres qui abritent encore quelques ruines de la forteresse du Spiegelberg. Au XIVème siècle, des nobles s’installèrent dans cette forteresse d’abord appelée château de Muriaux, Murival, Murval ou Mervaux.
Cette famille de nobles prit le nom de Spiegelberg. A cette époque, elle choisit les armoiries qui sont devenues plus tard, celles du district des Franches-Montagnes. On commença également à défricher péniblement ce sol ingrat et rebelle ; cette colonisation fut l’origine    de la commune de Muriaux.
Au Spiegelberg ou Muriaux résidait le châtelain de tout ce pays. Ce nom de Muriaux s’étendit ensuite à tout ce haut plateau presque inhabité jusque là, lorsque l’évêque de Bâle, Imier de Ramstein, lui eut accordé la célèbre lettre de franchise du 17 novembre 1384. On appela ce haut pays la Franche Montagne de Muriaux.

Dans le pays, la forteresse du Spiegelberg était connue sous le nom de  » Château des Sots Maîtres « , nom qu’on lui avait donné, dit-on, en raison des mauvais procédés de ces possesseurs. Au fil des siècles, la forteresse de Spiegelberg et ses habitants ont connu des fortunes diverses et les livres d’histoire retracent précisément cette vie qui fut la leur à l’époque. A n’en pas douter, en recherchant bien, de nombreuses familles originaires de Muriaux y retrouveraient leurs racines.
Comme vigie, le Spiegelberg était un lieu très important d’une défense facile ou d’une surprise impossible. Le peu de vestiges qui en reste ne permet pas d’apprécier l’âge des diverses parties de ces édifices. On remarque du côté de l’ouest des restes de caves ou prisons également creusées dans le rocher. On reconnaît également le tracé du seul chemin qui y conduisait depuis Muriaux.
Il est intéressant actuellement, de faire le déplacement jusqu’au rocher notamment pour y découvrir cette croix profondément taillée dans le roc et qui, d’après la tradition, indiquerait la mort d’un individu tombé dans l’abîme qui borde l’entrée de ces ruines.

La source de La Rochette

Une autre curiosité de Muriaux, plutôt méconnue, est la source de La Rochette, située à l’ouest du village. L’historien Auguste Quiquerez rapporte qu’il a trouvé sur le chemin qui y conduisit, des monnaies romaines, à un endroit voisin de constructions primitives et de fontaines, qui seraient des vestiges d’une station thermale, qu’alimentait la source de la Rochette, qui glisse ou cascade au bord de ce chemin. On dit que les eaux de cette source, préventives contres les maladies, ont aussi la vertu de rajeunir.
Malheureusement, aucun document n’apporte la preuve des mérites de cette fontaine de jouvence ! La tradition populaire rapporte qu’un pèlerin assoiffé aurait été sauvé par la Vierge, qui aurait touché la robe blanchie par l’ardeur du soleil et en aurait fait jaillir un filet d’eau claire et fraîche. Le voyageur, sauvé, vida le contenu de sa giberne dans le ruisseau naissant et continua son voyage. On ne sait si ce sont des cristaux ou des plantes qu’il déposa dans le lit de la source, mais on lui attribue d’avoir donné à l’eau les propriétés qu’on lui prête.
A quelques mètres de la cavité, le cours d’eau actionna la roue d’un moulin durant une très longue période. Joseph Bilat, le dernier meunier, abandonna sa tâche et le bâtiment vers 1850.

L’eau de La Rochette fut, en 1920, captée et pompée pour desservir les communes des Breuleux et de Muriaux. Il n’y a pas loin de cinquante ans, cette station de pompage fut désaffectée à la suite d’analyses attestant que cette eau était impropre à la consommation. De plus, lors des sécheresses de 1945 à 1947, l’alimentation des deux villages ne put être assurée. Bien qu’abandonnée, la source de La Rochette continue toujours son bonhomme de chemin et les promeneurs peuvent l’apercevoir au abords du Restaurant du Theusseret, où elle se sépare en deux avant de terminer sa course dans le Doubs.

La grotte des Creuses

La grotte des Creuses se situe près de la Combe de la Rochette et a servi de refuge aux habitants du village de Muriaux lors du passage des armes suédoises durant la guerre de Trente Ans (1618-1648). Une légende, remontant à la nuit des temps, relate que cette grotte était le logis de nains au bon cœur et de génies minuscules. Ces petits lutins rendaient de très nombreux services aux paysans des alentours. Ils nettoyaient l’intérieur des fermes, enseignaient la fabrication du fromage, s’occupaient du bétail et aidaient aux champs. Ils étaient d’excellents domestiques, serviables et dévoués. Cette belle entente pris fin à cause de la curiosité de deux femmes désireuses de savoir pourquoi les génies dissimulaient continuellement leurs pieds sous de longs vêtements. Les femmes répandirent un tapis de cendres devant la caverne. Les empreintes palmés des pieds des petits génies furent visibles dès le lendemain dans la couche ainsi déposée. Les femmes rirent et se moquèrent de ces traces de canards. Les génies, eux, fâchés, quittèrent la région.

 

Le Trou des Voleurs

Les amateurs de contes et légendes pourront toujours partir de Muriaux en direction de la Deute, à proximité immédiate de la limite communale avec Saignelégier, pour y rechercher le fameux Trou des Voleurs. La légende nous apprend qu’autrefois, sur la place de la Châtellenie de Saignelégier (ancienne Préfecture), adossés au mur du cimetière, les greniers de la dîme alignaient leurs silhouettes grises, surélevés chacun par quatre blocs de pierre lisse afin d’empêcher rats et souris d’y pénétrer. Malgré ces sages précautions, il fallut se rendre à l’évidence, la réserve de grain diminuait de jour en jour. Les auteurs de ces larcins furent bientôt démasqués. Il s’agissait de maraudeurs qui avaient trouvé abri dans la grotte de la Baumatte. A la faveur de la nuit, ils quittaient leur refuge et se glissaient sous les greniers bien pourvus, puis à l’aide d’une mèche, ils perçaient une ouverture dans le plancher et récoltaient le blé dans un sac avant de filer à nouveau dans leur repaire, que l’on appela dès lors le Trou des Voleurs.